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[Les Baronnies Ecarlates] Ecriture d’un roman en direct

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Bonjour. Je me lance dans une expérimentation inédite, je tente d’écrire un roman, en direct, sur Youtube. Je posterai les vidéos de rediffusion ainsi que le texte à chaque nouvel essai. Bisous et biffles !

P.S: les corrections seront faites bien plus tard ^^

[Edit] Mise à jour et suppression de la première vidéo Youtube, suite à des problèmes de droits d’auteurs musicaux. Vive le capitalisme.

Chapitre deux

La Baronnie de Fondterre, du temps où elle était un royaume autonome, a toujours su se préserver de la guerre. La famille Arnas n’a jamais joué de grands rôles militaires, préférant soutenir économiquement les autres pays au gré des alliances forgées par les intérêts du royaume. La raison principale de cette absence d’ingérence résulte de la taille réduite du Fondterre, bloqué entre l’Ouestrie, Aquinel, l’Esten et l’Enclave. Depuis des générations, la famille Arnas a préféré posséder une terre facilement défendable plutôt qu’un territoire étendu. C’est pourquoi cet ancien royaume n’a pas subi les affres des guerres sanglantes et s’est développé technologiquement pendant que d’autres pays s’enlisaient dans les conquêtes et les défenses de territoires.

Si Fondterre est la Baronnie la plus petite en termes de superficie de tout Crafen, elle en est également la plus moderne. De nouvelles routes fleurissent chaque jour et le commerce bat son plein, grâce à l’essor des voitures autonomes et du réseau ferroviaire. Fondterre démontre qu’une gestion éclairée prévaut sur une extension dévorante.

Histoire moderne de Crafen

Yel Cardos

 

Le bruit du roulement des voitures avait fini d’assoupir Verin. Il s’était étendu sur le fauteuil douillet de sa cabine personnel pour fermer les yeux quelques instants, mais la fatigue de la journée gagna le combat face à la volonté du Capitaine de rester éveillé.

Le bercement des roues dévalant le chemin de fer avait toujours eu un effet calmant sur Verin, mais si l’éreintement des longues heures de voyage s’en mêlait, il lui était absolument impossible de ne pas s’endormir.

Le convoi avait quitté Rouxbois il y avait deux jours de cela pour arriver la veille à Ravin. Les quatre voitures avait été chargés de nombreuses marchandises pour sillonner les rails qui reliaient Fondterre au Septan. Le voyage fut calme et serein, la pause pour ravitailler en eau la locomotive en Ouestrie ne dura pas plus de deux heures et le Capitaine complimenta son équipage pour le professionnalisme et sa ponctualité. Aucun événement ne se présenta digne d’être souligner dans le carnet de bord que Verin tenait soigneusement à jour. Le retour du Septan pour Fondterre s’annonçait des plus calmes et agréables.

Le claquement sec de pieds lourds retentit dans le couloir qui longeait le wagon personnel du Capitaine, réveillant celui-ci. Les bruits de pas s’atténuèrent pour disparaitre, suivis par le coulissement d’une porte qui reliait la voiture de commandement à la celle qui contenait le bois, l’eau et le charbon. Un des militaires arpentait le couloir.

Verin ouvrit un œil et bailla. Il quitta son fauteuil pour se rendre à son secrétaire au fond de sa cabine. Il ouvrit une bouteille de gnôle douce déjà entamée et se versa un verre. En trempant ses lèvres dans le liquide sirupeux, ses yeux se laissèrent aller sur la plaque en fer qu’il avait accrochée contre le mur. « Verin Mouri, Capitaine Ferroviaire de Fondterre ». Ces quelques mots le désignait comme apte à commander un envoi de fret et lui permettait d’avoir dans son équipe une dizaine de militaires sous ses ordres. Le Baron Axandre Arnas lui avait remit lui-même cette plaque, avec les félicitations qui vont avec. Verin fut chargé dès le lendemain de sa nomination d’assurer la liaison ferroviaire entre Rouxbois et Ravin, en passant par une petite ville en Ouestrie. Il assurait sa tâche depuis quatre années déjà et il comptait bien monter en grade d’ici peu. Ses convois se déroulaient toujours sans le moindre incident, même lorsque la locomotive longeait les frontières interdites de l’Enclave et il était le seul Capitaine de Fondterre à n’avoir déploré de blessure ou d’accident de son équipe.

Soudain, Verin fut projeté en arrière, il trébucha sur le bureau et s’affala sur le sol. Les crissements des freins métalliques sur les roues du train jaillirent du sol dans vacarme strident, pour finir en couinement jusqu’à se taire complètement. Le conducteur avait enclenché le système d’urgence. Le Capitaine se redressa en jurant lorsque quelqu’un frappa à la porte de sa cabine. « Entrez !» tonna-t-il.

Un jeune homme qui venait de finir ses classes militaires ouvrit le battant et adressa un salut à son supérieur :

– Capitaine ! Un obstacle sur la voie !

– Comment ça ? demanda Verin en frottant son costume d’officier. Un arbre tombé sur les rails ?

– Un feu, mon Capitaine.

– Un feu ?

– Oui, mon Capitaine.

– Allez chercher les hommes qui s’occupent de la sécurité et dites leur d’avoir des pistolets chargés. On ne sait jamais.

– Un attaque, mon Capitaine ? fit le jeune soldat en palissant.

– Ça m’étonnerait, mais on n’est jamais trop prudent.

– Bien mon Capitaine.

Il quitta la cabine avec son subalterne, traversa le couloir qui longeait son « antre » et ouvrit la porte de la passerelle qui reliait sa voiture et le compartiment nécessaire à l’entreposage des matières énergétiques. Le jeune soldat prit le chemin inverse. Le vent frais de cette fin de printemps caressa doucement le visage de Verin. Il jeta un œil à travers la vitre de la voiture et vit l’homme chargé de mettre le charbon dans le grand fourneau lui adresser un regard interrogatif. Verin le rassura d’un baissement de menton et agrippa l’échelle à gauche de la porte. Avec souplesse, il monta sur le mirador qui surplombait le toit de l’entrepôt pour arriver devant Bers, le militaire qui occupait le poste de vigie. Ce dernier effectua un salut à son supérieur puis pointa du doigt l’avant du train.

– Un feu à environs vingt toises, mon Capitaine.

– Félicitation pour votre œil de lynx, maugréa Verin. Vous auriez pu le voir avant !

– Nous sortons d’un virage, mon Capitaine. Je n’avais pas de vue dégagée.

[Edit] Mise à jour. Chapitre 1 terminé, titre du roman trouvé.

Chapitre un

Des six Baronnies de Crafen, le Septan fut la dernière à rejoindre le Royaume. Les peuples du nord ont toujours fait montre d’un caractère rebelle, enclin à l’autonomie. Seul le siège de Blancheville organisé part les troupes de Demian 1er parvint à faire plier les ambitions séparatistes de Guerre Septan, qui abdiqua au terme de deux ans de privation. Les termes de rééditions furent néanmoins plus favorables à la Baronnie nordique qu’aux autres fiefs anciennement indépendantistes.

Le Roi ne voulait pas risquer une rebellions et préféra flatter les nouveaux citoyens plutôt que les opprimer. Le Septan garda ses traditions et son culte, mais sa singularité géostratégique eut pour effet d’éloigner la contrée des modernités apportées par les autres Baronnies.

Histoire de Crafen

Yel Cardos

 

Le vent soufflait dans la cheminée, couchant les flammes rougeoyantes qui dévoraient la bûche que venait de poser Svorlogn, le tenancier. La salle de l’auberge irradiait d’une chaleur bienfaisante et réchauffait les vieux os du marchand ambulant. Dozithénas laissa choir sa cape sur le dossier de la chaise sur laquelle il était assis depuis une heure. Son regard se porta vers le fond du verre qu’il venait d’ingurgiter. Il rota, roula une cigarette de ses mains calleuses et fissurées par le froid puis l’alluma à l’aide de la bougie qui se consumait devant lui, laissant quelques coulures disgracieuses sur la table.

De l’autre côté de la pièce, Svorlogn nettoyait la dernière chopine qu’il venait de laver et lança un coup d’œil dans la salle. En ce milieu d’après-midi, la plupart des habitants du village vaquaient à leurs occupations, laissant s’affaiblir le tumulte de l’auberge au fur et à mesure des départs des clients. Les occupants des lieux se résumaient à présent à Svorlogn, sa fille de dix ans, Volgaria, qui récurait le gros chaudron qui avait servi au ragoût et à Dozithénas, le colporteur qui rendait sa visite annuelle à l’aubergiste.

– Tu veux une autre bière ? demanda le tenancier en reposant le verre propre dans placard.

– Je ne sais pas, répondit le marchand. J’ai de la route jusqu’au village prochain, et avec le froid, ça m’embêterait de la sortir pour pisser, j’aurai trop peur qu’elle gèle.

Svorlogn et Dozithénas partirent chacun dans un fou rire puis le propriétaire se rendit à la table de son hôte, attrapa sa chope d’un geste ample pour retourner au comptoir. Pendant qu’il remplissait le verre de bière du tonneau, il ordonna à sa fille de balayer la cours extérieure. Volgaria s’exécuta aussitôt, et c’est en chantonnant, balai en main, qu’elle quitta la chaleur de l’auberge pour affronter la neige scintillante de ce rude mois de Bûche.

La mousse de la bière débordait de la chopine lorsque Svorlogn la déposa en face du marchand. Il s’assit en face du visiteur et lui adressa un clin d’œil :

– Celle-là, elle est pour moi. Cadeau de la maison.

– Merci mon ami, répondit Dozithénas. Ta bière est la meilleure de toute la Baronnie.

– Tu me flattes pour en avoir une deuxième gratuite, sourit Svorlogn.

– Tu te trompes, répliqua l’autre en prenant une gorgée. Ta bière est la meilleure pour la simple et bonne raison qu’en Septan, la bière n’est pas ce que vous faite de mieux.

– Le houblon pousse mal chez nous. Trop de gel.

– Par contre, votre hydromel est la plus goûteuse du Royaume. Même en Esten, il n’arrive pas à en produire une aussi bonne.

– L’hydromel est la boisson préférée des nordistes, nous sommes élevés à ça dès le plus jeune âge.

– Il paraît que vous pissez dedans, ricana le colporteur.

– Le goût n’en est que meilleur, répondit l’aubergiste en esquissant un sourire.

Dozithénas vida son verre et le déposa devant lui, d’un air satisfait. Il fixa son regard dans celui de Svorlogn et lui adressa un rapide coup de menton :

– Mon ami. Il faut que je parte si je veux me rendre à Arcras avant que la nuit tombe. Je n’aimerai pas me retrouver face à une meute de loups ou un grizzly affamé pour la simple et bonne raison qu’on s’est rincer le gosier toute l’après-midi. Si on passait aux affaires ?

– Entièrement d’accord, affirma l’aubergiste. Tout est dans ta carriole ?

– Oui. Si tu le désires, on peut voir la marchandise maintenant.

Svorlogn acquiesça en opinant du chef et quitta sa chaise, imité aussitôt par le marchand. Ils passèrent la porte menant à l’extérieur pour déboucher dans une cours enneigée. Les pierres devenues blanches du mur d’enceinte, à hauteur d’homme, reflétaient les rayons du soleil et Dozithénas fut obliger de plisser les yeux face à tant de luminosité. La petite Volgaria s’échinait à pousser la neige avec sa pelle pour tracer un chemin à l’attention des clients. Près de l’entrée de la propriété, accroché à un anneau du porche qui bordait un chemin de terre, Dozithénas avait attaché son cheval. Plus loin, sur la gauche, il s’était permis d’entreposer pour le temps d’un repas sa carriole, une vieille charrette surmontée d’une tente, fermée par un voile. L’état général des roues fit tressauter le tenancier :

– Tu es venu avec ça ? Dans le nord ?

– Ma carriole de luxe est partie en cendre, répliqua tristement Dozithénas.  Des brigands m’ont attaqué il y a deux mois alors que je campais aux abords de la capitale.

– En Azurie ? s’étonna Svorlogn. Le roi n’assure pas la sécurité sur ses propres terres ?

– En théorie, les routes sont sûres. Mais il arrive parfois de tomber sur des tire-laines qui osent s’approcher des grandes villes. Depuis la fin de la guerre, beaucoup de familles ont perdu leurs hommes et certaines n’arrivent plus à subvenir à leurs besoins.

– Foutue guerre ! maugréa Svorlogn. J’ai eu des soldats qui venaient d’Aquinel dans mon auberge. Ils m’ont tout réquisitionné et ont vidé mes réserves. Ma fille a crevé de faim pendant un hiver complet.

– Vous avez trop résistés dans le Septan, déclara Dozithénas. Vous fûtes les derniers a entrer dans le Royaume.

– Nous refusions la fédération. Nous avions notre royaume. Dans le nord, nous avons nos propres règles !

Svorlogn avait presque craché ses mots et ses tempes grossissaient à l’évocation du douloureux passé qu’avait vécu la Baronnie du Septan. Dozithénas lui tapota doucement l’épaule, en signe d’apaisement et il l’invita à se rendre en direction de sa carriole.

– Je prendrais bien ma voiture à vapeur pour venir faire des affaires dans le nord, mais votre Baron…

– Notre Roi ! corrigea Svorlogn.

Le marchand hésita ; techniquement, Guerre Septan n’était plus Roi, mais Baron, assujetti à l’autorité suprême. Pourtant, il n’avait pas envie de contrarier un homme du nord, ce peuple fier aux us désuets.

– Votre Roi, reprit Dozithénas, refuse de créer de nouvelles routes pour l’utilisation des voitures mécaniques. Je ne voulais pas me retrouver bloqué dès les premières neiges.

– Tu aurais pu attendre le printemps pour venir.

– J’ai des denrées périssables. Et tout marchand sait que c’est dans le nord que l’on fait les meilleures affaires.

– Nous payons plus cher car seuls les plus téméraires viennent affronter le froid du Septan.

– Hé bien mon ami, en parlant d’affaires…

Dozithénas délia le cordon qui attachait le voile et enroula cette dernière pour permettre l’accès à la tente qui surplombait la carriole. Il invita d’un geste de la main son ami de longue date à pénétrer dans sa boutique ambulante. Svorlogn arpenta les trois marches pour entrer dans la charrette. Une odeur vague de renfermé lui frétilla les narines. Il posa son regard autours de lui :

– Tu as bien aménagé ton fourbi.

– Il vaut mieux. Lorsque je ne trouve pas d’auberge, je dois dormir dedans.

Des étagères étaient disposées sur la gauche et la droite, ainsi qu’au fond. Elles étaient attachées aux socles en fer qui servaient d’armature à la toile de tente. Un bureau en chêne s’élevait à l’arrière, cloué au sol de la charrette. Svorlogn fit deux pas devant lui pour admirer les produits exposés sur les meubles. Un véritable bric-à-brac d’ustensiles, de denrées, de tonneaux et de babioles trônaient sur les plaques de bois.

Dozithénas emboita le pas de l’aubergiste pour le dépasser et s’assoir sur le bureau.

– J’ai une bonne réserve de produit cet hiver. J’ai du vin d’Aquinel, un bon cru, des épices d’Azurie, du poisson séché d’Ouestrie, quelques épices au-delà de la mer…

– Le vin d’Aquinel, c’est un rouge ou un blanc ?

– Du rouge. Mais j’ai du blanc du sud d’Esten si tu veux.

– Va pour le rouge, mon ami. Le blanc n’est pas très apprécié par ici. Tire-moi dix bouteilles.

Dozithénas esquissa un sourire et fit le tour du bureau, fouilla dans les portes battantes qui le composait et en sortit une dizaine de bouteilles qu’il remplit en se servant d’un des tonneaux.

– Il est vieux de trois ans, une cuvée spéciale.

– Arrête de baratiner, plaisanta Svorlogn, tu as déjà fait ta vente.

– J’aime que mes clients sachent ce qu’ils achètent. Sinon, j’ai vu ton tas de bois au fond de ton jardin. Tu veux une hache ?

– De l’acier de Fondterre !? répliqua l’aubergiste d’un air dégouté. Vous ne savez pas forger comme il le faut !

– Notre alliage est léger et…

– Une hache ne doit pas être légère, coupa Svorlogn. Elle doit être lourde et tranchante.

– C’est vrai que vous êtes encore des barbares, ici ! plaisanta Dozithénas.

– C’est le reste de Crafen qui s’est écroulé sous sa propre déliquescence. Vous nous prenez pour des sauvages, mais notre Baronnie perdura le jour où les vôtres s’enliseront dans la décadence.

– Peut-être, répondit le marchand en rebouchant la dernière bouteille. Mais nous, nous avons ça…

Il posa la dernière pinte de vin sur le plancher et sortit un morceau de toile qu’il déplia devant son hôte pour révéler un pistolet gravé de deux roses entrelacées.

– Le dernier de Fondterre. On peut viser l’œil d’un lapin à trente toises de distance. Il est vendu avec une sacoche spéciale à installer autour de la taille, comprenant des dosages de poudre et de la bourre. Les bourgeois de six Baronnies envoient des dizaines de messagers par jour en Fondterre pour les acheter.

– Je ne suis ni bourgeois, ni amateur d’armes à feu, fit Svorlogn. Au Septan, nous préférons le bruit du fer qui s’entrechoque que le vacarme des détonations. Et puis entre nous, mon ami, ces armes sont très utiles, mais une fois la première balle tirée, le rechargement est trop long.

– Mes acheteurs les prennent surtout pour la collection, renchérît Dozithénas. En période de paix, les armes ne font office que d’ornement. Allez, je te le laisse pour quinze pièces d’or.

– Pour ce prix là, j’ai un cheval en bonne santé avec son harnachement. Je préfère labourer mon champ que de m’amuser à collectionner des armes qui ne me serviront pas.

Le marchand rangea l’arme dans son bureau puis déposa les dix bouteilles aux pieds de l’aubergiste.

– Il te fallait autre chose ?

– Tout dépend. Tu en demandes combien pour le vin ?

– Quatre pièces de cuivre la bouteille, ça nous fait quarante pièces, soit quatre pièces d’argent, si tu préfères.

– Nous ne sommes n’avons peut-être pas d’université comme en Fondterre, mais nous savons tout de même compter ! maugréa Svorlogn dans sa barbe, un brin vexé. Et sinon, tu as du tissu ?

– J’en ai quelques toises, de toutes les couleurs et…

– Papa ! cria une voix aigue depuis l’extérieur.

Volgaria entra dans la tente, le visage rougit et le souffle court. Son père se tourna vers elle, le visage impassible.

– Tu as fini de déblayer la neige ?

– Il faut que tu viennes voir… dehors. Vite !

Avec une moue interrogative, Svorlogn haussa les épaules et sortit de la carriole, suivi aussitôt par sa fille et Dozithénas. Ils avaient à peine posé le pied dans la cours que Volgaria pointa du doigt le ciel :

– Regardez ! fit-elle d’une voix aigue et surexcitée.

– Par les Aînés ! siffla entre ses dents l’aubergiste en levant la tête.

Une déchirure brune striait le ciel en direction de la terre et s’étendait de plus en plus en ligne droite. En plissant les yeux, Svorlogn crut apercevoir une forme ronde au bout du tracé.

– Qu’est-ce que c’est que ça ? demanda-t-il à Dozithénas. Un mauvais présage ?

– Je ne pense pas, répondit son ami. C’est sûrement une météorite.

– C’est magnifique !s’exclama Volgaria.

– C’est surtout magnifique pour nos bourses, fit le marchand ambulant. Vous savez combien coûte une météorite dans le milieu des collectionneurs ? Svorlogn, toi qui connais la région, emmène-nous au là où elle va tomber et je te garanties que tu n’auras plus de soucis d’argent pendant un long moment !

Sans perdre de temps, l’aubergiste et sa fille allèrent chercher un cheval dans l’écurie qui jouxtait l’arrière de l’auberge tandis que Dozithénas caressait sa monture.

 

Première séance:

Voici le texte:

 

Chapitre un

Le vent soufflait dans la cheminée, couchant les flammes rougeoyantes qui dévoraient la bûche que venait de poser Svorlogn, le tenancier. La salle de l’auberge irradiait d’une chaleur bienfaisante et réchauffait les vieux os du marchand ambulant. Dozithénas laissa choir sa cape sur le dossier de la chaise sur laquelle il était assis depuis une heure. Son regard se porta vers le fond du verre qu’il venait d’ingurgiter. Il rota, roula une cigarette de ses mains caleuses et fissurées par le froid puis l’alluma à l’aide de la bougie qui se consumait devant lui, laissant quelques coulures disgracieuses sur la table.

De l’autre côté de la pièce, Svorlogn nettoyait la dernière chopine qu’il venait de laver et lança un coup d’oeil dans la salle. En ce milieu d’après-midi, la plupart des habitants du village vaquaient à leurs occupations, laissant s’affaiblir la tumulte de l’auberge au fur et à mesure des départs des clients. Les occupants des lieux se résumaient à présent à Svorlogn, sa fille Volgaria qui récurait le gros chaudron qui avait servi au ragoût et à Dozithénas, le colporteur qui rendait sa visite annuelle à l’aubergiste.

– Tu veux une autre bière ? demanda le tenancier en reposant le verre propre dans placard.

– Je ne sais pas, répondit le marchand. J’ai de la route jusqu’au village prochain, et avec le froid, ça m’embêterait de la sortir pour pisser, j’aurai trop peur qu’elle gèle.

Svorlogn et Dozithénas partirent chacun dans un fou rire puis le propriétaire se rendit à la table de son hôte, attrapa sa chope d’un geste ample pour retourner au comptoir. Pendant qu’il remplissait le verre de bière du tonneau, il ordonna à sa fille de balayer la cours exterieur. Volgaria s’exécuta aussitôt, et c’est en chantonnant, balai en main, qu’elle quitta la chaleur de l’auberge pour affronter la neige scintillante de ce rude mois de Bûche.

La mousse de la bière débordait de la chopine lorsque Svorlogn la déposa en face du marchand. Il s’assit en face du visiteur et lui adressa un clin d’oeil :

– Celle-là, elle est pour moi. Cadeau de la maison.

-Merci mon ami, répondit Dozithénas. Ta bière est la meilleure de toute la Baronnie.

– Tu me flattes pour en avoir une deuxième gratuite, sourit Svorlogn.

– Tu te trompes, répliqua l’autre en prenant une gorgée. Ta bière est la meilleure pour la simple et bonne raison qu’en Septan, la bière n’est pas ce que vous faite de mieux.

– Le houblon pousse mal chez nous. Trop de gel.

– Par contre, votre hydromel est la plus gouteuse du Royaume. Même en Esten, il n’arrive pas à en produire une aussi bonne.

– L’hydromel est la boisson préférée des nordistes, nous sommes élévés à ça dès le plus jeune âge.

Dozithénas vida son verre et le déposa devant lui, d’un air satisfait. Il fixa son regard dans celui de Svorlogn et lui adressa un rapide coup de menton :

Mon ami. Il faut que je parte si je veux me rendre à XXXX avant que la nuit tombe. Je n’aimerai pas me retrouver face à une meute de loups ou un grizzly affamé pour la simple et bonne raison qu’on s’est rincer le gosier toute l’après-midi. Si on passait aux affaires ?

– Entièrement d’accord, affirma l’aubergiste. Tout est dans ta carriole ?

– Oui. Si tu le désires, on peut voir la marchandise maintenant.

Svorlogn acquiesa en opinant du chef et quitta sa chaise, imité aussitôt par le marchand

 

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Chevaliers de la Douzaine (les) :

Aztabius copie

Ordre de 12 Chevaliers sous le commandement direct du Roi. Il fut crée en -632 ap GM par Pimpard IV. Ce sont de puissants guerriers à qui sont confiés des missions spéciales, que l’armée ne peut pas accomplir. Le titre de Chevalier est à vie, et la seule façon d’entrer dans l’Ordre est d’attendre un décès de l’un des membres. Cela dit, il existe un concours qui permet de se glisser en file d’attente en fonction des résultats obtenus lors des tests. Beaucoup d’appelés, très peu d’élus…

A noter que chaque Chevalier obtient l’immortalité une fois adoubé.